Il était temps que quelqu’un dénonce l’utilisation héontée de la chanson “L’Été, c’est fait pour jouer” par la compagnie Rogers. Entre nous, anciens fans (pas toujours avoués) de l’émission, nous avions déjà fait état de notre indignation à mots couverts. Associer nos souvenirs d’écoliers innocents à la vente de téléphone cellulaire (alors que ça n’existait même pas à l’époque)… Il était temps que quelqu’un se levât et clâmat haut et fort que le matérialisme avait une limite et que la récupération d’une comptine tirée d’une émission éducative pour enfants à des fins commerciales constituait justement un pas de trop vers la cocacolarisation de la planète. On ne s’attendait simplement pas à ce que ce hérault soit un héros de notre enfance, encore moins l’héroïne de l’émission outragée, à savoir Passe-Partout elle-même, ou plutôt son interprète, Marie Eykel.
Dans le journal de ce matin, Marie Eykel se dit en colère de constater l’utilisation publicitaire d’une des chansons de la Passe-Partout (et l’une des bonnes, précise un connaisseur). Elle-même, aux beaux jours de la série, refusait d’animer des annonces commerciales par soucis d’éthique, ce qui est tout à son honneur. Peut-être Pierre F. Brault, auteur et compositeur de la plupart des chansons de l’émission et de “L’Été c’est fait pour jouer” notamment, refusait-il lui aussi, à l’époque, l’utilisation de sa musique pour la vente. Mais à l’approche de la retraite, il faut croire qu’il a trouvé un moyen facile d’arrondir ses fins de mois.
Marie Eykel et Jacques L’Heureux (Passe-Montagne) travaillent actuellement à la réalisation du coffret DVD de la célèbre émission. Ce projet, quand il verra le jour, devrait permettre aux artisans de Passe-Partout, qui se faisaient manger la laine sur le dos il y a un quart de siècle, de gagner leur vie un peu vieux. Et à Pierre F. Brault d’augmenter ses prix.
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La sloche liposuccion dérange le Réseau québécois de la santé des femmes (RQASF) qui prétend que l’excellente publicité, qui représente un tas de graisse sur patte à la couleur douteuse, “banalise la chirurgie esthétique”. Parce que “les jeunes n’ont pas ce qu’il faut pour faire la part des choses”, ils pourraient croire, après visionnement de la pub télé, “qu’il est possible d’enlever les graisses de cette façon”.
Si j’avais encore l’âge de boire de la sloche, j’aurais sérieusement l’impression que le Réseau québécois pour la santé des femmes me prend pour un con. Et si j’étais à l’agence BOS, conceptrice de la publicité, je sais ce que j’aurais envie de donner au RQASF à liposuccer…