Ghettoïsation 101

Dans le domaine des incongruités sociales en ce mercredi 30 mai, parmi tant d’autres et plus près de chez nous, figure le cas, de cette jeune fille qui s’est vu refuser le droit de siroter une bière sur une terrasse ayant pignon sur rue dans le quartier gai montréalais. En effet, le bar Le Stud s’est vu pris en flagrant délit d’atteinte à la personne. «Vous devez partir, l’établissement est réservé aux hommes», a expliqué le serveur du bar gai Le Stud à une jeune Longueuilloise venue boire un verre à sa terrasse en compagnie de son père, la semaine dernière à l’angle des rues Papineau et Sainte-Catherine.
Plus ça change et plus c’est pareil. La bêtise humaine se porte toujours aussi bien, même en l’an 2007. On dit que le temps finit par arranger les choses, mais l’expression « deux poids deux mesures » n’a pas finit de faire des victimes malgré toute la bonne volonté d’une société québécoise qui se dit ouverte et progressive en matière de droit individuel. Sur le site internet Montréal plus, l’établissement, décrit comme «un des plus virils en ville», ne cache pas qu’il vise exclusivement une clientèle masculine. «Seulement les hommes sont admis», lit-on au bas de la description de l’endroit.
Voilà qui a de quoi à faire peur, littéralement, quand on sait que la communauté gaie s’est tellement battue contre la moindre forme d’exclusion possible. Semble-t-il que certains opprimés de la première heure n’ont que peu à foutre de faire subir la même médecine — si cruelle soit-elle — en retour des sévices qu’ils ont pu endurer dans le passé. Les gens, en général, ont définitivement la mémoire courte, à n’en point douter. La fermeture d’esprit de cet établissement ne peut qu’être condamné, en espérant seulement que ce type de situation finisse par servir l’intérêt de la société dans laquelle nous aspirons tous et toutes à faire front commun dans le but de son évolution…












