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Baye Sikime

Pimp C vs Érostrate

Il n’y a pas si longtemps, j’aurais écrit « Free Pimp C » (si j’avais été un fan); maintenant je devrais écrire « R.I.P. Pimp C ». Quand j’étais plus jeune, je trouvais singulière l’histoire du rock dont tant de personnages étaient morts jeunes. Que quelques vedettes aient été assassinées ou soient décédées par overdose me semblait vraissemblable. C’est en apprenant la mort prématurée de musiciens moins connus que je m’étonnais. Tant de représentants d’un courrant encore récent étaient déjà disparus. Je ne pouvais vraiment mesurer leur contribution, seulement l’imaginer. Cela expliquait-il pourquoi je ne pouvais saisir l’esprit rock qu’en partie ?

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« Maintenant, je serai connu » aurait écrit l’auteur de la tuerie d’Omaha. Qui voudra retenir le nom de ce mass-murderer ? S’il y a un mythe inutile et dangereux, c’est bien celui d’Érostrate. Car si l’on se souvient plus longtemps des destructeurs que des architectes, des tueurs que des victimes, c’est peut-être seulement parce que la destruction et la mort viennent en dernier.

  • Articles Précédents :
    • Le maire Tremblay attaqué par des écureuils

      Une manchette qu’on ne risque pas de lire? Voyez plutôt le mauvais parti réservé au maire de Dehli par un groupe d’agitateurs n’ayant rien d’humain.

       

      De Bob à Bob

      Je ne suis pas d’aussi près, ni ne commente avec la même régularité, les activités du Canadien qu’un François Gagnon, mais, comme bon nombre d’observateurs, je constate que l’équipe n’ira pas loin comme elle est partie. L’esprit d’équipe ne peut guère être meilleur aujourd’hui, au lendemain d’une honteuse défaite face aux Panthers, qu’en avril dernier… Quand Kovalev critique son entraineur depuis le vestiaire du club, il continue de se moquer d’une organisation sclérosée qui semble davantage préoccupée par son passé que par son avenir immédiat.

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      Kovalev n’en est pas à sa première déclaration méprisante pour son entraîneur ou ses coéquipiers. Jamais l’organisation du Canadien n’a été aussi conciliante avec un joueur mutin. Chris Chelios, Patrick Roy et Carbo lui-même ont été chassés de Montréal pour moins que ça. Kovalev, à qui Bob Gainey aurait “parlé” au cours de l’été, traîne une réputation de tueur d’entraîneur. Il faut aujourd’hui ajouter Guy Carbonneau à la liste de ses victimes.

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      L’un des meilleurs entraîneurs de la ligue nationale est libre comme l’air depuis quelques heures. Il s’appelle Bob Hartley et c’est à lui que Bob Gainey devrait passer son prochain coup de téléphone. L’appel suivant devrait être adressé au fidèle Carbo, pour lui faire savoir qu’il a toujours une place dans l’organisation. Le troisième devrait être à l’agent de Kovalev, pour l’informer de la mise au ballotage de son client. Go Bob Go!

       

      Revenge of the G.O.A.T.?

      À une époque, Jay-Z rappait: “And If I ain’t better than Big/I’m the closest one”. Aujourd’hui, Sean Carter prétend tout simplement être le meilleur de tous les temps et il semble que mon’oncle LL en prenne ombrage, lui qui a en quelque sorte inventé le concept (ou plutôt le terme) en 2000, année de la parution de G.O.A.T. Featuring James T. Smith the Greatest of All Time. À en croire les rumeurs, le président et l’artiste emblématique de Def Jam seraient sur le point d’en venir aux mots…

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      Dans la première moitié des années 90, Rakim était généralement considéré comme le meilleur rappeur vivant. On ne disait pas encore le “meilleur de tous les temps”, mais on jugeait le complice d’Eric B. supérieur à tous ses collègues et ce, même s’il n’avait pas sorti d’album depuis deux ou trois ans (une éternité). C’était avant que Tupac et Biggie ne connaissent un succès inespéré et une mort prématurée. Avant que Rakim ne revienne avec un album solo quelque peu décevant.

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      Comme les disques Universal, qui ne pouvaient sortir que gagnants de la lutte que se livraient ses artistes 50 Cent et Kanye West pour le sommet des palmarès, les disques Def Jam ne peuvent que bénéficier d’une confrontation Jay-Z vs. LL Cool J alors que les deux préparent un retour. Mais si les deux aspirants au titre de G.O.A.T. - le premier, rétamé par Nas en 2001, le second, vainqueur de Canibus en 1998 - décidaient effectivement de croiser le fer, la situation pourrait se retourner à l’avantage des amateurs de rap. Intéressant parce que Jay-Z ne peut pas perdre et que LL, malheureux de son sort chez Def Jam, n’a rien à perdre.

       

      Parlant de vétérans…

      J’ai assisté hier au lancement du premier album solo de Slim Williams, Pulse of the Planet. Je ne fais pas la promo du disque, au demeurant fort bon, mais de la démarche de l’artiste. Slim Williams n’a rien de la sensation de l’heure. Il a joué avec les Drifters, les Temptations, Daniel Lavoie… Il a même effleuré le succès au milieu des années 80 avec son groupe Tchukon. Voilà qu’après trente ans de carrière, ìl se révèle le chanteur de funk et de soul qu’on croyait que le Québec n’avait pas.

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      Le montréalais Patrick Watson a remporté le prix Polaris à Toronto lundi soir grâce à Close to Paradise. Ce prix récompense le meilleur album canadien en terme de créativité et de qualité. Un honneur bien mérité pour Patrick et son groupe.

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      Combien d’albums hip hop parmi les nominés? Poser la question c’est y répondre.

       

       

      Over 30

      Je n’ai rien contre 50 Cent, Lil’ Wayne et Kanye, rien non plus contre Saigon, Papoose et pourquoi pas Cassidy. Mais l’avenir du rap est entre les mains des pionniers. Ce n’est pas parce qu’ils ont passé trente ans (et dans certains cas quarante) et que les multinationales du disque tentent de nous faire croire que le rap restera pour toujours une musique d’adolescents, qu’il faut oublier Chuck D, Kool G Rap, Big Daddy Kane, UGK, Scarface et Willie D, Dr. Dre…

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      Pourquoi les artistes de blues et de jazz seraient-ils les seuls à bien vieillir? Le hip hop vieillira avec ses créateurs ou il ne vieillira pas. Les vétérans que j’ai nommé plus haut l’ont compris, eux qui se maintiennent au sommet de leur art et dont on parle pourtant de moins en moins (Dr. Dre faisant ici figure d’exception).

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      Il n’y a pas si longtemps, les Alkaholiks scandaient: “Peace to the MCs rapping over 30″…

       

       

      Heavy in the Game

      Si Curtis s’incline gracieusement devant Kanye, pourquoi ne pas saluer Xu Jinglei? Et pour qui la barrière de la langue empêche d’apprécier la prose de la blogueuse numéro 1 (si l’on compte les click de souris), il existe une version anglaise (partielle, mais au moins faut-il saluer l’humilité de la personne à l’origine de cette initiative originale). On parle beaucoup des pédophiles et d’Internet, mais que dire des chatons?

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      J’ai découvert Tupac (je parle de sa musique) en 1996, l’année de sa mort. All Eyes On Me et The 7 Day Theory m’ont longtemps conforté dans l’idée que je connaissais le meilleur du fils d’Afeni, sentiment renforcé par les sorties annuelles de ses albums posthumes. Voilà une semaine que je me suis procuré Me Against The World, paru en 1995 (Tupac était encore en prison, sur le point de rejoindre les disques Death Row), une semaine que l’écoute en boucle.

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      Mon grand ami J.F.K. est de retour sur le web avec un blogue hilarant. Ceux qui n’ont pas oublié ses chroniques de New York peuvent maintenant suivre ses rénovations.  

       

      Yé, vraiment?

      Qu’il ait gagné ou perdu son pari, 50 Cent aura gagné au final. En mettant en jeu sa courronne et en laissant les ventes sacrer le prochain roi du rap, il s’est joué des plus indécrottables backpackers en les poussant soudain à prier en direction du Soundscan et à souhaiter que le meilleur gagne, ne serait-ce qu’au jeu de la consommation. Le roi est mort, vive le roi.

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      La question que je me pose à présent: vais-je à mon tour me mettre de la partie et aller acheter Curtis?

       

      Point de vue

      Britney, 50, Kanye me font bailler. Le succès est-il plus savoureux parce qu’il est instantanné? Suce-t-il quand il tanne instantannément? L’industrie musicale telle qu’on la connaît se meurt mais ne se livrera pas sans un barroud d’honneur. Même à bout de munition, l’idée est de continuer à mitrailler.

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      Je parle encore de rap parce que le rap me parle toujours. Quand ce n’est pas un représentant du 67 (je devrais dire LE - what’s up Larock!) qui m’informe de son plan de carrière internationale, c’est un album de WC ou d’Eazy-E qui me fait sourire et me rappelle que la musique s’écrit mais ne se mesure pas.

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      Les médias se sont accomodés déraisonnablement des accomodements raisonnables. Plus que quiconque, les vieux courtisans aiment à jouer les vierges offensées. En matière de provocation, on ne fait guère mieux et par temps de convergence, on ne fait pas plus simple. Car la pensée unique n’est pas un complot, mais un réflexe.

       

      Tu dis quoi?

      « J’aime bien aussi Bryan Smolinski, qui a déjà joué pour une équipe gagnante à Ottawa. »

      - Saku Koivu

       

      Août le hockey

      Roman Hamrlik “piaffe d’impatience” en attendant l’ouverture du camps d’entraînement du Canadien. Patrice Brisebois se dit très heureux à l’idée de réintégrer la prestigieuse organisation dont il a si longtemps été le souffre-douleur. Ces deux défenseurs vieillissants ne semblent pas s’attendre au pire, comme s’ils se joignaient à une excellente équipe, comme si les rôles qu’ils s’apprettent à tenir n’étaient pas ingrats. 

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      Il est de bon ton à Montréal, quand on parle de sport, de se moquer des Yankees de New York et de leur masse salariale exponentielle. Chaque été, on rie de la logique du propriétaire de l’équipe George Steinbrenner et on déplore le laxisme permettant au milliardaire de paqueter son club en prévision des séries d’après-saison.

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      Le prestige des Yankees et des Canadiens a longtemps été comparable. On peut dire ce qu’on veut d’Alex Rodriguez, de Derek Jeter et de Roger Clemens, on ne niera pas qu’on ne parle guère d’Hamrlik et de Brisebois hors de Montréal.  

       

       

      Caya

      Caya avec Iro. La nouvelle est agréable pour tous ceux qui connaissent un peu l’ancien de l’O.R.S. Bonne chose pour le rappeur de la Rive-Sud, bon coup pour l’étiquette des gars du peuple. Si le rap de Caya peut faire un peu de chemin sur les ondes des radios commerciales, le Québec ne peut pas s’en porter plus mal. Alors que certains rappent avoir quelque chose à dire dans la vie, Patrick rappe pour dire sa vie. Quand il ne rappe pas pour sa vie.

       

       

      Esti (R.I.P. Joe B.G.)

      Peu avant le show (en fait les premières parties du spectacle étaient en cours), assis dans un coin du bar, DJ Peer et moi discutions des morceaux les plus improbables que pourrait choisir d’interpréter Ice-T. “High Rollers” (Power, 1988), “Ziplock”, “The Tower” (O.G., 1990)… Il les a tous fait. Ceux-là et beaucoup d’autres, dont deux excellents extraits de son dernier album, Gangsta rap

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      Voilà, je voulais revenir sur l’un des spectacles de l’année, mais j’ai appris entretemps la nouvelle de la mort de Joe B.G., alias Mista Snake pour les vieux heads, alias Snake, alias Johnattan Beaupré-Guibeault. Mourir à 27 ans, dans l’incendie de son appartement.

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      Le hasard a permi que je passe une journée en compagnie de l’homme un peu plus tôt cette année, le temps d’un aller-retour à Ottawa. Au fond du van conduit par Cast, Joe écrivait un rap sur son père, mort récemment. Il s’abstenait de prendre part aux discussions, tout absorbé qu’il était par son travail. De temps en temps, il faisait lire ce qu’il avait griffoné à Cobna (qui l’encourageait), puis se repenchait sur son texte. Aujourd’hui, j’imagine que, dans la mort, il nous encourage à son tour à continuer. 

       

      The Police?

      I think not. I’m a motherfuckin’ copkiller! Word to Ice mutherfuckin’ T. Et vous êtes priés de pardonner la langue, la vulgarité et la teneur de ces propos puisque c’est l’excitation qui parle. J’ai le double de l’âge que j’avais la première fois que je suis allé voir l’Original Gangster en spectacle. Et je ne risque pas moins de me faire carter ce soir alors que les Foufounes Électriques annoncent déjà complet et que ma présence sur la guestlist est incertaine. 

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      On a dit de Picasso qu’il créait son propre papier monnaie. En effet, il lui suffisait d’apposer sa signature sur une feuille blanche pour que celle-ci ait la valeur d’une devise. 

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      Je n’ai pas de ticket pour le concert de ce soir, mais voici mon billet. 

       

      Franglais street slang

      Rappeur franglais par excellence? Une catégorie qui ne figure pas encore au programme du gala MU. Et pourtant le Québec produit la crème de ce type de MC. Le premier qui me vient à l’esprit est connu sous le nom d’1 Étranjj, 2 J ou Tweedy. J’écoute son dernier album, Un vent nordique, mais je n’en ferais pas la promo. Shout out à SP, Von Von, les Rainmen et Lestat qui ont donné un souffle à une langue qui n’a pas de dictionnaire.

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      Le “Pussyhole (Old Skool)” de Dizzee Rascal m’a renvoyé au “It Takes Two” de Rob Base et DJ EZ Rock. J’ai même eu l’occasion d’écouter tout l’album du même nom chez mon frère qui en détient une copie (vieille de 19 ans!). Pas un vilain MC que ce Rob Base. P Diddy devrait aller le chercher pour un duo. À quand une suite à We Invented the Remix?

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      En perte de popularité (cela vaut pour les artistes)? Inscrivez-vous à Facebook; vous verrez le nombre de vos amis décupler (et pourrez mettre un visage sur ceux que avez de la difficulté à replacer).

       

      Le Tour de France

      En matière de sport télévisé, mes goûts sont arrêtés depuis belle lurette. C’est le hockey (à l’année), un peu la boxe, le soccer de la Coupe du Monde et le 100 mètres aux Jeux Olympiques. Et si je me laisse parfois encore séduire par un match de baseball, c’est que j’ai vécu autrefois une réelle histoire d’amour avec les Expos. Bref, ronronnant préambule pour en venir à la course de vélo par excellence.

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      Bien sûr, avoir vu enfant, de ses propres yeux, la foule massée le long de la route, attendant la caravane, prédispose à l’affection de l’événement. Mais il difficile de suivre, dans un bar (parisien ou pas), une bière fraîche (de préférence) devant soi, de bout en bout la retransmission d’une étape sans célébrer par la suite la qualité d’un sport et de sa captation.

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      Tout le monde n’a pas le loisir d’être devant son téléviseur (câblé) en matinée, à l’heure où le Canal Évasion diffuse l’étape quotidienne en direct, pour apprécier la voix de Richard Garneau (Yo soundboy, monte le son!), les notes de Louis Bertrand et les bons sentiments de Bernard Vallet. Il fallait la chance, ce matin, pour que j’assiste à la victoire de Fabien Cancellara au fil d’arrivée et que celle-ci me renvoit en enfance.

       

      Mulatu Astatke

      Il n’est pas de l’édition 2007 du Festival de Jazz de Montréal. Il est reconnu comme le père du jazz éthiopien. Je l’ai découvert avec Broken Flowers de Jarmush. Depuis que j’ai trouvé par hasard la musique du film, il est dans mes oreilles. Et comme je veux me souvenir de son nom, il est dans mon titre.

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      Triste constat que celui auquel est parvenu Foglia. Le vieux monsieur (on peut dire écrivain, je crois) pense que les soldats canadiens qui tombent en Afghanistan meurent pour nous. Les victimes sont jeunes, les vétérans qui reviendront nous changerons des nonagénaires en uniforme du 11 novembre et nous nous sentirons éventuellement tous un peu plus attachés à notre Canada grâce à ses soldats. Maintenant, à qui profite la mort des talibans qu’ils tuent? Aux Afghans, sans doute…

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      Je prend congé du blog (quoi, dix jours?) et je rate les vacances de Julien…

       

      Pour en finir avec la mort du rap

      Comme de raison, chacun y va de son oraison. Au cours des dernières semaines, CNN et le USA Today ont annoncé la mort du rap, chiffres du Soundscan à l’appui. Qu’est-ce que la vitalité et la créativité d’un genre musical ont à voir avec la vente de disques? Pas un journaliste pour nous l’expliquer.

      “Don’t Believe the Hype” scandait Public Enemy en 1988. Vingt ans plus tard, des “twits de 19 ans” lisent la Presse pour y apprendre sur le hip hop. Et ils ne bronchent pas quand on associe bling bling, coke, putes et rap. On leur dit que Fergie est la reine du hip hop et ils s’inclinent.

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      Parlant de mort vivant, qu’est-ce que le PQ se porte bien! Son prochain chef, Pauline Marois, dans une lettre adressée aux médias publiée ce matin, répète qu’il désire diriger un “parti qui se parle”. J’ai beau réfléchir au sens de cette dernière expression, un “parti qui se parle”, ça ne me dit rien.

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      Un conseil: si vous sortez de chez vous et que vous entendez du rap sortir d’une voiture sur deux, d’un commerce sur trois, surtout, n’en croyez pas vos oreilles. 

       

       

      Nouvelles économiques

      Il n’y a pas d’événement sportif, artistique ou autre dont on ne parle sans mentionner les fameuses retombées économiques. Quelques jours avant  le jour X ou la date Y, les médias s’interrogent sur le temps qu’il fera, les facteurs qui pourraient expliquer une fluctuation de la vente de produits dérivés ou un manque à gagner pour le service hôtelier. Des fournisseurs et des commerçants sont invités à faire part à la population de leurs attentes, de leurs craintes ou de leur félicité.

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      Combien seront-ils à gonfler les poches des vendeurs de crème glacée pendant la fin de semaine du Grand Prix? Question difficile qui mérite d’être posée.

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      Une fois l’événement passé, on attend impatiemment le bilan des organisateurs et on se frotte les mains à la perspective d’un nouveau profit record. C’est dire si on a le sentiment d’y contribuer.

       

      Hip Hop Lives

      Vous écoutez encore beaucoup de rap? Pas moi, je l’avoue. En tout cas, pas beaucoup de nouveau rap. J’ai déjà dit ce que je pensais de Paul Wall, mais je ne crois pas avoir déjà exprimé la pitié que m’inspirent la majorité des albums hip hop que je reçois au cours d’une année. Je ne le ferais d’ailleurs pas aujourd’hui. Retenez seulement mon premier grief, la plupart des albums sont des condensés de n’importe quoi.

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      Ils sont nombreux les rappeurs qui (et je parle des rappeurs car je les connais mieux que, disons, les rockeurs) écrivent leur album comme on écrirait un menu, en s’assurant qu’il y en ait pour tous les goûts. Quelle est leur spécialité? La plupart d’entre eux l’ignorent. Leurs menus ressemble èa ceux des restaurants familiaux qui proposent pêlle-mêle mets chinois, grecs et canadiens et qui se déplient à n’en plus finir.

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      Je ne m’attendais pas à tripper sur Hip Hop Lives de KRS-One et de Marley Marl, mais j’ai été séduit par l’authenticité du projet, la force du propos et la qualité de la production. KRS One ne m’a jamais paru plus en forme depuis KRS-ONE. Marley Marl est revenu au son de New York d’antan. Les deux vétérans ont imposé leur menu, si simple qu’il est tout dans le titre. Libre à chacun d’aimer ou non. Mais qu’on répande la nouvelle avant que le repas ne refroidisse, les amateurs de rap sont servi.

       

      La gravité

      Cindy Sheehan a finalement mis un terme à sa croisade anti-guerre. Cette femme, qui a perdu son fils Casey en Irak en avril 2004, a tenu les propos suivants: “Casey est mort pour un pays qui est plus curieux de connaître l’identité de la prochaine American Idol que de savoir combien de gens seront tués au cours des prochains mois tandis que Républicains et Démocrates font de la politique avec des vies humaines.”

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      La gravité” est le meilleur morceau du Français Abd Al Malik, qui sera de passage à Montréal dans le cadre des francofolies. “Je viens d’un lieu où rien n’est jamais vraiment grave/ Je viens d’un lieu où chacun se complaît à être grave”, y affirme-t-il.

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      Et moi, que la guerre en Irak intéresse à peu près autant qu’American Idol ou l’Afghanistan, for that matter, je me demande quelle fine frontière sépare la gravité du cynisme. Et le cynisme, c’est encore de l’humour, non?

       

      He’s throwed

      Paul Wall a l’un des meilleurs noms du rap, une image originale et l’un des bons beats de l’été, “I’m Throwed”. Mais Paul Wall ne rappe pas mieux que Vanilla Ice. D’ailleurs, le début de son troisième couplet n’eut pas été pire s’il avait été écrit par Weird Al Yankovic:

      “I’m full of that purple sprite, and im searchin for broads
      Paper stackin so my money stretch like extension cords”

      * * *

      Être aussi insignifiant sur un beat est un privilège qui s’acquiert et dont, en ce qui me concerne, seul Snoop peut se prévaloir.

      Paul Wall peut remercier Jermaine Dupri (qui a signé sa part de hits depuis “Jump”, il y a quinze ans) dont la musique lui permet de passer presque inaperçu sur son propre hit.

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      Entendu à Entertainment Tonight, Fergie présentée comme “the hip hop queen”.

       

      Terreur sur le campus

      Un ami qui travaille à l’Université Laval à Québec a reçu le mémo suivant plus tôt aujourd’hui:
      “On nous signale actuellement la présence d’un orignal en liberté sur le campus. Comme il semble apeuré, il est important de ne pas s’en approcher.
      Nous vous demandons votre collaboration afin de suivre ses déplacements. Aussi, si vous l’apercevez, vous êtes priés d’aviser le Service de sécurité et de prévention de l’endroit où il se trouve en signalant le 656-5555.
      Nous vous remercions de votre collaboration.”
      * * *
      L’histoire ne dit pas si l’orignal est armé.

       

      Changement de cap (de bière)

      Je ne suis sûrement pas le seul à avoir vu cette publicité dans laquelle trois zoufs s’émerveillent d’avoir obtenu, de la compagnie qui les emploie, la permission de changer le slogan de la marque de bière qu’ils annoncent. Il semble que la génération à laquelle appartiennent ces comédiens ait plus de facilité à faire évoluer les slogans commerciaux que politiques. Tant pis, ou plutôt tant mieux pour le PQ.

       

      La politique a fait ma semaine

      Cependant, ni Justin Trudeau, ni André Boisclair ne m’ont ravi autant que Nicolas Sarkozy quand celui-ci décida d’accepter l’appel des Justiciers Masqués. L’homme ne venait-il pas d’être choisi par les Français pour “tailler des pipes monumentales aux Chinois” (ce sont les mots d’Akhenaton; in “La fin de leur monde”, par IAM, Soldats de fortune - Série limitée, 361 records, 2006) qu’il était, le plus naturellement du monde, invité à un dîner de con avec George W. Bush, par un faux Stephen Harper.

      * * *

      Je dis que la politique a fait ma semaine mais les séries éliminatoires de la coupe Stanley présentent un spectacle pas banal, riche en émotions pour qui en apprécie l’enjeu. À Détroit, Chris Chelios joue à 45 ans un rôle de premier plan dans les succès de son équipe, rappelant que les exploits d’un Gordie Howe ne sont pas l’apanage d’une génération en particulier.

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      C’était Abd Al Malik au bout du fil aujourd’hui. Le Français, membre du groupe N.A.P., dont l’album solo Gibraltar, qu’il viendra présenter à Montréal, a été porté aux nues par la critique, ne s’inquiète pas outre-mesure de l’élection d’un président de droite en son pays. Son calme et sa sérénité ne sont pas étrangers à son succès non plus.

       

      Une règle

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      Il faut donner au minimum trois épisodes à une série-télé avant de décider ou non de l’adopter.

       

      2 heures du matin

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      Mes amis sont partis. Sorti sur le balcon pour admirer le ciel, je suis accueilli par l’air frais et humide de la première soirée chaude. Je me penche sur ma gauche pour admirer un gras croissant de lune orange; mon attention est attirée par l’homme armé qui vient de descendre du camion, dans ma ruelle, devant le marché. Son compagnon le rejoint, un sac d’argent dans les bras. Je fixe l’homme au fusil qui ne me voit pas. Je suis dans la ligne de tir. Ma femme dort. Moi aussi, peut-être, déjà.

       

      Segnor Alonzo au bout du fil

      Au Psy4 de la Rime qui me parlait du rap game français, je n’ai pas manqué de poser la question Nas, c’est-à-dire de lui demander son opinion sur la mort probable, récente ou imminente, du hip hop. Voici ce qu’avait à dire, en substance, le Segnor: “Oui, ce fut un temps on l’on décréta la mort du hip hop jusqu’à ce qu’on se rendre compte que les mp3 étaient rempli de rap. À mon avis, le rap connaîtra le sort du rock, dont on annonça aussi la mort, il y a une trentaine d’année. Depuis, il s’est fait du prog rock, du rock alternatif, du rock underground… Et ce sera comme ça pour le rap.”

      * * *

      L’association hip hop-gangsta rap a la dent dure. A-t-on déjà tenté de lier Arcade Fire au death metal?

       

      Pourquoi ne pas parler d’un héros?

      Que Dieu (s’il existe) ait l’âme de Cho Seung-hui et de ses victimes. Que les hommes se souviennent de Liviu Librescu (1932-2007).

       

      AKH au bout du fil

      Combien de fans de Métèque et mat ignorent que son auteur a signé une oeuvre égale ou supérieure en 2006: Soldats de fortune? Et combien de fans de Ombre est lumière ou de L’école du micro d’argent ne prêteront qu’une oreille distraite à Saison 5, le dernier album d’IAM? Combien de fans d’IAM savent que le groupe de Marseille est toujours intact et que ses membres, à l’approche de la quarantaine, éprouvent une passion inchangée pour leur art? Akhenaton a passé l’âge de prétendre au trône du rap français. C’est un père de trois enfants préoccupé par les problèmes de son pays qui poursuit sa carrière pour le plaisir plus que pour le cash et les flash. MC pertinent à presque quarante ans, il n’ignore pas qu’au final, c’est au public de choisir si le rap peut vieillir.

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      Mais putain, qu’est-ce qu’il tue encore sur le micro.

       

      Nas au bout du fil

      Je pensais bien que l’entrevue de Nasir Jones consituerait le moment fort de ma journée. Mais en raccrochant d’avec le dieu du rap à midi quarante, j’étais loin d’avoir eu ma dose de hip hop. Moins de trois heures plus tard, je filais en direction d’Ottawa en compagnie de SP, Cobna et Joe B.G. dans un véhicule conduit par Cast en écoutant le nouveau IAM. Dans la capitale fédérale, j’assistai ensuite à un concert presque privé du Treizième Étage avant de prendre la parole devant un groupe d’étudiants en sociologie et de tenter de faire comprendre à ces derniers la différence entre le hip hop et l’image qu’on en a. Sur le chemin du retour, on a parlé du festival Ouaga Hip Hop, de la sagesse de Kery James et d’Akhenaton, de Nas d’avant et d’après Stillmatic et du prochain album classique de SP.

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      Yesterday, hip hop really made my day.

       

      Imposs au bout du fil

      C’était au tour du frère de J-Kyll de se laisser parler de politique. La discussion sur l’après-Muzion (c’est une façon de parler; pour les propos précis de Mr. Imposs sur la question, voir le ICI cette semaine - ben quoi, qu’est-ce qu’elle a ma promo?) suivait gentiment son cours quand elle dévia soudain pour porter sur la jeunesse des quartiers Pie IX, St-Michel, etc. Les clamédias (pour reprendre le terme utilisé par mon interlocuteur) omettent, volontairement ou par simple ignorance, de refléter le caractère structuré des gangs de rue, leur éthique, leur philosophie. Or, selon Imposs, ceux que l’on perçoit comme des sauvages ne font que répéter, à leur échelle, les modes d’agissement et d’organisation de nos gouvernements.

      * * *

      “C’est drôle, confie Imposs, quand les clamédias rapportent la guerre qui sévit entre les rouges et les bleus, je ne peux m’empêcher de me demander s’ils parlent de politique.”

       

      Après Boisclair

      Le Club Soda était presque désert hier. En fait, on n’y avait pas vu un parterre aussi clairsemé depuis le rassemblement péquiste de lundi dernier… C’est dire s’il est plus facile pour le Roi Heenok de fasciner les internautes que de faire courir les foules. Impossible de deviner ce que les quelques dizaines de badauds ainsi réunis attendaient de l’escale montréalaise de la tournée Propagande américaine. Manu Militari n’a guère cherché à le savoir. Il s’est contenté de livrer un set tight. Vingt minutes chrono. On aurait entendu une mouche voler entre les morceaux. Puis ce fut au tour de la tête d’affiche et de ses accolytes de prendre la scène d’assaut. Même scénario. Même indifférence surréaliste.

      * * *

      Si je peux me permettre un conseil au Roi Heenok, celui-ci aurait intérêt à préparer ses apparitions sur scène avec le même soin qu’il réalise ses capsules pour le web.

       

      Québec solitaire

      J’ai passé la soirée des élections dans un apartement du Plateau Mont-Royal entouré d’amis à qui l’Action Démocratique a fait peur, particulièrement entre 20 heures trente et 22 heures. Mais passons sur la petite histoire. Voici les faits: 30% des Québécois ayant voté ont appuyé le parti de Mario Dumont, 29% des Québécois habilité à voter se sont abstenu d’exercer leur droit. Des deux groupes, le second est le plus grand, mais on ne peut pas dire qu’il sort de cette campagne grandit.

      * * *

      Si on accédait aux demandes d’Amir Khadir et qu’on adoptait la proportionnelle au Québec, il serait intéressant d’innover et de refléter le pourcentage d’abstention dans la représentation des élus. Avec un tel système en place aujourd’hui, c’est au parti des chaises vides que reviendrait la direction du gouvernement minoritaire.

       

      The Roots

      Spécialiste rap? Mouais… Enfin, j’ai corrigé une lacune que je traînais depuis une longue décennie en assistant à mon premier spectacle des Roots. Le Métropolis était plein, logique puisque l’événement sold out, mais plein jusque sur scène où dix musiciens jouaient des coudes quand ils ne jouaient pas tout simplement. Il y a avait là un guitariste, un bassiste, un claviériste, deux percussionnistes (dont ?uestlove), un rappeur (Black Thought) et une section de cuivre comprenant un trompettiste, un saxophoniste, un joueur de trombone et un joueur de tuba. Je ne sais pas si vous avez déjà vu un tuba, mais cela ressemble à un cornet acoustique format géant dans lequel il faudrait se faufiler et qu’à moitié. Le musicien (Tuba Gooding JR, comme on l’a présenté à la foule) semblait à l’aise ainsi coincé dans son cornet acoustique et, plus que de toutes les pièces interprétées hier soir par le super groupe de Philadelphie, c’est surtout de lui, tournant et sautant comme un antique tourne-disque format géant, que je me souviens.

       

      Pour qui voter?

      Je pose la question sans y répondre, en supposant simplement que chacun sait pourquoi voter. Les campagnes électorales ont beau se suivre et se ressembler, le résultat dépend largement de notre inertie personnelle et collective. Il est une chose que de se désintéresser de la chose, il en est une autre que de nier sa responsabilité politique. Devant l’imminence du scrutin qui nous concerne tous, québécoises et québécois, je me suis prêté à un petit questionnaire, histoire de confronter mes préjugés aux statistiques. Son résultat m’a consterné plus encore que le débat des chefs.

       

      ?uestlove au bout du fil

      L’une des joies (et elles ne sont pas si nombreuses qu’on ne puisse les compter) du métier de journaliste pigiste consiste à recevoir de temps à autre un appel interurbain d’un artiste promouvant un disque ou un spectacle. Lorsque l’artiste en question exerce un parfait contrôle de ses facultés intellectuels et pour un peu que l’agent de liaison (un représentant d’une maison de disque ou d’une firme de communication) ne vous interrompe pas précipitemment, la joie initiale peut faire place à un certain ravissement, celui de partager des idées avec une personne originale dont le point de vue unique, sur quelques questions vous préoccupant tous les deux, s’avère complémentaire au votre, également unique.

      * * *

      C’était ma promo de l’entrevue de ?uestlove à lire dans la prochaine édition du ICI. Ben quoi, qu’est-ce qu’elle a ma promo?

       

      Daz au bout du fil

      Le cousin de Snoop n’était pas très content de se faire déranger à six heures du matin, à l’issue d’une séance de mixage, mais se rappelant notre rendez-vous téléphonique, il a vite retrouvé son calme. Je ne l’appelait pas vraiment pour parler de la sortie imminente de Dogg Chit, le dernier album du Dogg Pound, mais plutôt pour prendre le pouls du hip hop américain dont il a déjà incarné le renouveau (c’était il y a dix ans, c’est-à-dire hier).

      * * *

      “We’re like the new EPMD, but we’re not breaking up” confiaient Daz et son complice Kurupt, en 1995, au magazine (alors prestigieux) The Source. On pouvait rire à l’époque (se souvient-on de la rupture d’Erick et de Parrish?), mais ces deux adolescents étaient sérieux. Exit Suge Knight. Daz blâme l’ex-patron de Death Row, un manipulateur de la pire espèce selon ses dires, pour tous les problèmes internes qu’a pu connaître son groupe.

      * * *

      Daz s’anime, vante son myspace, énumère la liste des projets sur lesquels il travaille et blâme Internet pour la déconfiture commerciale de la musique rap. Il pourfend la police (américaine et suédoise) qui s’acharne sur son célèbre cousin et prétend que les conflits entre rappeurs ne passeront jamais de mode. Il rappelle cependant que les beef à la Cam et 50 sont impensables sur la Côte Ouest, là où tout le monde se connaît et est prompt à régler le moindre différent en personne à la première occasion.

      * * *

      Daz ne pense pas que les disques Koch soient, pour reprendre l’expression de 50 Cent, un cimetière de rappeurs. Au contraire, il s’agirait d’un nouveau Priority Records qui, en offrant des contrats d’un seul album, donne plus de latitude aux artistes que les autres maisons. Daz, qui a connut les majors, se plaît d’avantage dans l’underground. Il se décrit comme un caméléon et confie préférer le micro à la production. Il vient d’obtenir son passeport et souhaite que Montréal l’accueille à bras ouvert lors de sa prochaine visite.

      * * *

      En terminant, je voulais que Daz me parle de Detoxx.  “Je ne sais pas ce qui se passe avec ce projet. Contrairement à Snoop, à Kurupt ou à Soopafly, je n’ai même pas été contacté! Pas un coup de fil, rien! Quand je croise Dre, il me salue comme si de rien n’était. Je te jure, si l’album sort et que je ne suis pas dessus, je vais le disser, Kurupt ne pourra pas me retenir! J’étais le premier élève de Dr. Dre. J’ai tout appris de lui, avant Scott Storch et compagnie!” Apparemment, il n’en sait pas beaucoup plus que nous, mais lui le prend un peu plus personnel.

       

      Si la presse le dit

      “Les hommes cuisinent par plaisir; les femmes, par nécessité”, titre La Presse. Ah bon? Et moi qui pensait que Bob le Chef faisait figure d’exception.

       

      Don’t Believe The Hype

      C’était écrit dans le Globe & Mail la semaine dernière. Maintenant CNN reprend la nouvelle. Hip Hop is Dead. Pas l’album de Nas, la musique rap telle que commercialisée par l’industrie du divertissement. Les ventes en chutes libres et tout et tout. À l’aube de ce constat fataliste, chacun fait la promotion de sa petite idée. La violence, le sexisme ou la drogue aurait tué le hip hop. Personne (ou trop peu) pour rappeler que le hip hop n’est pas un produit. Que c’est une culture et qu’à titre de culture, elle ne peut mourir qu’avec son peuple, sa génération, tous ceux et celles qui la partagent.

       

      Justin Trudeau en politique

      Pourquoi cela me fait-il penser à Jacques Villeneuve dans la musique?

      Just wondering, 

       

      Oops!.. I did it again

      Drôle, la tête rasée de Britney? À pleurer, oui. La mort d’Anna Nicole Smith ou les déboires de madame Spears sont les derniers exemples d’une exploitation outrancière de la célébrité par l’industrie du divertissement (pour se rendre compte d’un rare contre exemple). Il est facile de rapprocher ces drames des guerres infantiles que se livrent nos rappeurs préférés par étiquette interposée. Dans tous les cas, des artistes qui se croient en constante représentation (et ils le sont effectivement) jouent le jeu des médias au détriment de leur santé physique et mentale. Il faut dire que le showbusiness ne chôme pas non plus. Entertainment Tonight, CNN, myspace… On en a fait du chemin depuis la belle époque de Marylin. Quel rapport avec 50 Cent et Cam’Ron? Il suffit de penser à Tupac et Biggie, et à qui leur mort a profité.

       

      Moi, 2 Faces & Dirty

      On connaissait Francis Belleau et 2 Faces, mais voici que le rappeur de Québec lève le voile sur Dirty, son autre alter-ego, le dépravé de la gagne. Dix ans après ses débuts au sein de la Constellation, le membre en règle du 83 tient à rappeler qu’il appartient toujours à l’élite des rimeurs québécois. En effet, le vétéran n’a rien perdu de son assurance au micro et se montre particulièrement convaincant sur « On est encore là », un morceau construit autour d’un échantillon de « Sledgehammer », où il est rejoint par ses complices de la Taktika et Benz. N’empêche qu’on a souvent l’impression d’avoir entendu tout ça déjà.

       

      Wu-Tang & Friends

      Membre du Clan élargi et DJ officiel du supergroupe depuis la première heure, Mathematics est également un producteur accompli, défenseur farouche de l’unique son Wu-Tang dont il a suivi la génése sous l’égide du RZA au début des années 90. La compilation qu’il signe sur l’étiquette Nature Sounds (une maison à surveiller qui abrite aujourd’hui Pete Rock et MF Doom) regroupe des remixes et des titres inédits évocateurs du passé grandiose du crew de Staten Island. Si la présence des amis du Wu peut sembler disproportionnée, ceux-ci compensent en énergie ce qu’ils manquent de talent et ne font que mieux paraître leurs mentors, Raekwon en tête.

       

      Et pour le bénéfice de qui?

      “En travaillant pour Quebecor, on travaille également pour la télévision canadienne.”

      - Pierre Karl Péladeau, justifiant la fin des cotisations au Fonds canadien de télévision

       

      CEA - C’est ça le fun ?!

      Le hip hop débridé du supergroupe de Québec est joyeux, gentiment provocateur et naturellement irrésistible. Loin de cacher ses influences funk et west coast, CEA mise sur des grooves entrainants que rehaussent chœurs, scratches et la guitare de Wah Wah Samson, rappelant Digital Underground, Tone-Loc ou Def Jef. Si la bonne humeur communicative du collectif explique en partie le succès d’un « QC Fabolous », il ne faut pas négliger le potentiel réel de ce nouveau groupe bien rôdé qui incarne, avec Les 2 Toms, Accrophone et Boogat, l’avenir du rap de guitare. D’ailleurs, l’été approche et C’est ça le fun!? ne manque pas d’autres hymnes à la fête…

       

      C’était deux de mes favoris

      Ainsi c’est officiel: 50 Cent et Cam’Ron sont en guerre. Ridicule est la nouvelle et ridicule est l’image distortionnée de l’industrie du rap telle que rapportée par les médias. Il fut un temps où le hip hop regorgeait des figures fortes et originales. Ice Cube, Chuck D, Rakim et Ice-T ne se présentaient peut-être pas en modèles, mais ils avaient quelque chose d’inspirant et d’unique qui frappait.

      * * *

      C’était l’époque où les prototypes de rappeurs étaient nombreux, l’originalité favorisée. Les maisons de disques ne se comptaient pas encore sur les doigts d’une main. C’était avant que la valeur d’un MC ne soit plus déterminée que par ses performances au palmarès. La définition du hip hop appartenait encore à la communauté.

      * * *

      L’industrie musicale traverse une crise sans précédent qui la pousse à se tourner vers le marché des pré-adolescents (ces grands enfants qui ne téléchargent pas encore “illégalement” la musique). Pendant ce temps, se battant pour les miettes d’une tarte chaque jour plus petite, 50 Cent et Cam’Ron jouent à Guignol, indifférents au spectacle pathétique qu’ils offrent.

       

      Parc reste Parc

      C’est une petite victoire pour Montréal. L’administration Tremblay fait volte-face et renonce à son projet de donner le nom de l’ancien premier minsitre Robert Bourrassa à la fameuse artère. Est-ce la grogne populaire qui est venue à bout de l’obstination municipale? Que nenni! C’est le fils de Robert, François de son prénom, qui, se plaignant des proportions démesurées que prenait le changement de toponymie, a incité le maire à revenir sur sa décision. Bref, on a réglé ça en famille. Libérale, s’entend.

       

      Tout le monde en parle à travers son chapeau

      J’aime bien Tout le monde en parle. J’étais fan de la version française (surtout d’Ardisson et de Baffie - j’allais le découvrir plus tard) avant que Guy A. Lepage ne songe à en importer le concept. Comme beaucoup d’autres téléspectateurs, j’ai été séduit par la première québécoise (il y a quoi, déjà 3 ans?) pour être par la suite plus souvent agacé que ravi par le contenu de l’émission.

      * * *

      Un rappeur québécois me confiait l’autre jour, sous le couvert de l’anonymat, qu’il avait faillit être invité sur le fameux plateau dont tout le monde parle. À la dernière minute, il a été avisé que son entrevue n’aurait pas lieu. “Vous comprenez, on a reçu les Loco Locass récemment, ça fait beaucoup de hip hop…” lui a-t-on expliqué en substance.

      * * *

      L’émission la plus regardée au Québec prête le crachoir au premier imbécile qui tient des propos dégradants, racistes ou intolérants sur la place publique. Le Doc Mailloux, Stéphane Gendron et le clown d’Hérouxville (pour ne citer que ceux-là) ont tous pu bénéficier de la meilleure tribune pour abreuver la masse de leur fiel populiste. Et quand le Français Bruckner vante le modèle d’intégration de son pays, il n’y a personne pour lui rappeler la flambée des banlieues de 2005.

       

      À propos du Doc

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      Le voici avec son meilleur ami.

       

      Terminer 2006, à la manière d’André Rousseau

      D’abord James Brown, ensuite Gerald Ford et maintenant Saddam. 2006 nous aura étonné jusqu’à la fin jusque dans la colonne des nécrologies. (Rayon musique, rien de plus étonnant sur le buzzer que ce More Fish de Ghostface - en passant, shout out à Benjamin Trottier pour sa critique.) 2007 nous surprendra sans doute tout autant, mais je me risque néanmoins à tenter un exercice de formulation de voeux à la André Rousseau, inspiré par la couverture de neige sur Montréal, par “Alex (Stolen Script)” et par The Wire, Season 1. Ainsi je souhaite à SP une équipe solide derrière lui, à Yvon et à 01Étranjj, le retour des Nordiqs, à J-Kyll, à Imposs et à Drama, un troisième album de Muzion, à Samian, un bébé en santé, au Cerveau, la suite du Québec assiégé, au Blok B, un vidéo-clip en rotation régulière, à Atach Tatuq, une séparation à l’amiable, à Dee, du succès en solo, à Manu Militari, la reconnaissance des médias, à GoofyVulguerre et à Slim, un gala MU mémorable, à Boogat, une tournée internationale, à Lestat, un billet d’avion pour Montréal, à C-Drik et au Queb, un projet commun, aux Rainmen, un prochain album avant 7 ans, à OL1KU, un contrat d’enregistrement, à H.D., une percée aux États-Unis, à D-Shade, un producteur attitré, à Bad News Brown, l’oreille du public et à BU, la liberté (keep your eyes open).

       

      Will the Real Re-Up please stand up?

      J’écoute Bob Dylan en me demandant ce qui ne va pas chez Eminem. Le gars sort de nulle part avec une compilation intitulée The Re-Up alors que le groupe numéro un aux États porte déjà (et depuis un moment) le même nom. Je parle bien sûr du Re-Up Gang. Tout ceux qui ont prêté une oreille attentive au nouvel album des Clipse savent que Pusha T et Malice sont deux des cinq meilleurs du moment. Flow, textes, présence au micro, les frérots ont tout ce qu’il faut. En fait, il est difficile de leur trouver de la compétition. Si je fais un effort, je peux penser à Lupe Fiasco. Peut-être Nas, peut-être The Game… Mais comme Jay-Z, et comme son copain 50 Cent d’ailleurs, il semble qu’Eminem préfère le confort du pilote automatique au défi que représente le dépassement de soi. Libre à lui, je le blamerai jamais pour si peu. Par contre, en titrant son mixtape The Re-Up (car c’est bien de cela qu’il s’agit, avec juste ce qu’il faut de morceaux des patrons pour qu’on oublie que l’essentiel de la musique est l’oeuvre de no-names aux profils similaires), Marshall Mathers joue la carte de la confusion, espérant capitaliser sur le succès et la réputation d’autrui. Sacré Slim Shady! 

       

      Les Psy4 ont mis le feu

      Croisé à ma sortie des Foufs, Egypto, qui distribuait des flyers annonçant le spectacle Le père Noël est une salope mettant en vedette Atach Tatuq et Omnikrom, était agréablement surpris: “Man, c’était hype!” C’était hype, en effet. L’histoire d’amour entre les groupes de Marseille et Montréal se poursuit, dirait-on. Les Psy4, qui ont livré une performance irréprochable, semblaient eux-mêmes quelque peu dépassé par l’enthousiasme d’un public qui connaissait jusqu’à ses derniers morceaux (”Ça va vite internet” constatait l’un d’eux). Et Sya Styles, Don Vincenzo, Segnor Alonzo et Soprano qui se disaient un peu malades (ah les rigueurs de l’hiver canadien) n’ont pas ménagé leurs efforts. Soprano, qui portait une casquette des Expos, a conquis l’assistance en interprétant son morceau solo “Comme une bouteille à la mer”. Par la suite, les Psy4 ne devaient connaître aucun problème sinon pour quitter la scène. Pour ce faire, il aura fallu au quatuor quatre ou cinq rappels et c’est avec “Le Monde est…”, son interprétation de la fameuse chanson de Starmania, qu’il faisait ses adieux à une foule qui scandait encore son nom quelques minutes après qu’on eu allumé les lumières.

       

      Brokeback PQ

      André Boisclair est-elle la première victime des Justiciers Masqués à s’être laissée prendre au piège en toute connaissance de cause?

       

      I Got It For Cheap

      J’écoute Hell Hath No Fury (un titre qui me renvoit à mon Harrap’s), le dernier The Clipse. Je ne peux pas me prononcer sur le statut de classique que le magazine XXL lui a conféré. J’en suis à ma première écoute et les rimes de Pusha et Malice méritent qu’on s’y attardent. Sur mon bureau, le dernier The Coup et le premier CEA. CEA, je les ai découvert sur “Cabaret”, fruit de leur collaboration avec les 2 Toms et qui me rappelle “Good Thing We’re Rappin” de Digital Underground. Good Thing We’re Rappin… Voilà un titre qui résume pas mal le son des Clipse.

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      Ma collègue Nelly n’a entamé que récemment sa carrière de chroniqueur dans les pages du Ici. Ça ne l’empêche pas d’accomplir déjà son boulot mieux que la moyenne de ses confrères. Je recommande la lecture de son papier sur Martineau dans l’édition de la semaine dernière (toujours sur les racks pour encore quelques heures). Au contraire de ce dernier (et de ses nombreux émules), Nelly Arcand maîtrise l’art de la nuance et du second degré.

      * * *

      Mais qui a encore le temps de lire entre lignes?

       

      Blond, James Bond

      Il a fallu que ma femme me traîne au cinéma parce que pourquoi suivre les aventures de James Bond en 2007? Mais je suis sorti du Paramount confondu, enchanté et incapable de résister au besoin de consacrer quelques lignes à la promotion du film numéro un au box office. Le cinéma hollywoodien néglige tellement le public adulte au profit des adolescents qu’il est rarrissime de trouver un film bon qui ne soit pas marginal. La série des James Bond s’adresse traditionnellement à un public fan depuis la première heure (c’est-à-dire les années 60) ou ayant grandit dans la culture du 007. Casino Royale n’est pas parfait, Daniel Craig non plus. On n’a pas touché au célèbre agent de la reine, même si on lui a donné un nouveau visage (et quelques muscles en plus). On a simplement raconté son histoire à la mode d’aujourd’hui. Et James Bond, qui passait pour un clown à côté de Jack Bauer, a retrouvé sa pertinence.

       

      La saison des sorties rap

      C’est un running gag. Les gros labels ne lancent plus qu’une vingtaine d’albums hip hop par année et ils attendent généralement la période des fêtes pour multiplier leurs chances de respecter leur budget. Voilà donc The Game, Snoop et Jay-Z sur les présentoirs en même temps et il semble que ce sera le pdg de Def Jam qui remportera le gros lot. Pourtant, qu’est-ce qu’il est mauvais, ce Kingdom Come annoncé en grandes pompes comme marquant le retour de l’enfant prodige. Jay-Z s’était pourtant retiré sur une bonne note mais il ne pouvait manifestement rester longtemps loin des projecteurs. Pas suffisant de remplir les plages des journaux à potin avec sa belle Beyoncé, de faire la tournée de l’Afrique ou d’être élu homme de l’année par GQ. Il lui fallait encore montrer à ses pairs combien il l’avait l’affaire et faire cadeau au public qui n’en demandait pas tant de ses mots et de son flow. Eh bien, quelque part entre Brooklyn et St-Tropez, il l’a perdue la main, pauvre de Jay-Z. Il ne ressemble en rien au MC dominant du Black Album. Il a plutôt l’air de Diddy qui aurait décidé de kick un freestyle. Rien à dire ou presque, sinon pour faire le portrait de son train de vie hollywoodien. Le flow paresseux comme s’il n’avait pas écouté de rap pendant deux ans. On comprend mieux maintenant pourquoi Jim Jones est capable de le mettre dans l’embarras avec un diss ou deux. Le géant lyrical a fondu sous le soleil de la Côte d’Azur et se retrouve désormais dans les souliers (ou plutôt les pantoufles) d’un bourgeois gentilhomme. Pas étonnant qu’on ne retrouve pas un autre rappeur sur l’album à ses côtés. Même Memphis Bleek l’eût oushiné.

      * * *

      On rigole à ses dépends mais Sean Carter va quand même en vendre un million d’exemplaires en clignant des yeux, de son pire album à vie. Et puis, tant que Beyoncé le trouve fin, de quoi pourrait-il se plaindre?

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      Une pensée enfin pour Philippe Noiret. On m’a souvent dis que je lui ressemblais. Pas physiquement (heureusement), mais de façon générale (la voix, j’imagine). Maintenant qu’il est mort à l’âge de 76 ans, j’espère qu’on va me trouver un modèle de comparaison plus jeune.

       

      De Kramer à Altman

      Kramer a complètement perdu les pédales. Sa colère noire piquée devant les clients du Laugh Factory à Los Angeles et captée puis diffusée par tous les médias depuis Entertainment Tonight au site web le plus reculé marquera sans doute le point final de sa carrière de comédien. Michael Richards a soutenu hier soir à l’émission de David Letterman (ou son pote Jerry Seinfeld était invité) qu’il était terriblement désolé et qu’il n’était pas raciste. Tout de même, pour regretter l’époque des lynchages du Ku Klux Klan ou pour prétendre qu’une personne de race noire ne doit pas interrompre une personne de race blanche quand elle parle, il faut être un peu plus qu’un brin xénophobe. Enfin, certains n’ont pas manqué de comparer l’hideux dérapage de ce (jusqu’à hier) sympathique acteur aux propos anti-sémites de Mel Gibson. Selon mon ami Pascal Tesson: “Des sincères excuses d’un épais c’est quand même mieux que des excuses de merde à la “je suis désolé si la boisson m’a fait dire des choses qui en ont offensé certains.” Peut-être bien, mais c’est aussi triste.

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      Robert Altman est mort à l’âge de 81 ans. C’était un cinéaste original qui laisse une oeuvre vaste et complexe derrière lui. On vous conseille de louer Nashville, le portrait impitoyable de la capitale de la musique country au milieu des années 70. C’est près de trois heures de long et il n’y a aucune vedette, mais pour un peu qu’on soit mélomane (et un brin cinéphile), on se laissera bercer par la musique et intriguer par le propos. On n’est pas très loin de Hustle & Flow (dans la même ville), trente ans plus tôt.

       

      Johnny remet ça

      Il n’est pas mort celui-là. En fait de propos divertissants, il rivalise drôlement avec Guillaume Latendresse et Patrick Roy. Voici que “mal cité” dans La Presse, Jean Leclerc revient à la charge dans une lettre ouverte publiée dans le Journal où il pourfend Nathalie Petrowski (”matante”) et traite Marc Cassivi de “petit snoreau”. Voilà pour la mousse. La lie manintenant. Leclerc reproche aux médias d’essayer de lui soutirer un jugement sur la scène musicale émergente au Québec. Il répond avec une citation que je trouve savoureuse: “Je ne me force pas à écouter de la musique parce que c’est celle de mon voisin”. En gros, il n’a pas à se prononcer publiquement sur un sujet qu’il ne maîtrise pas plus qu’il faut. Non seulement a-t-il raison, Jean Leclerc, mais il n’a pas tort non plus quand il remet à leur place les journalistes qui cherchent à soutirer des confessions pour créer la controverse.

      * * *

      Jean Leclerc dit qu’il écoute Lee “Scratch” Perry et qu’il ne prend “d’ailleurs pas vraiment tout ça au sérieux, la musique pop, si vous voulez savoir”. Moi j’écoute Eazy-E et je ne prend pas non plus trop au sérieux le rap québécois. 

       

      Puisqu’on parle de Justin Timberlake

      Suis-je le seul à voir un lien évident entre le titre de son dernier album FutureSex/LoveSounds et le titre du célèbre double album d’Outkast, Speakerboxxx/The Love Below?

      Just wondering, 

       

      Fuck Madonna

      Je sais, on ne peut rien dire contre la diva la plus adulée au monde, mais cette fois, Esther a perdu la boule. Adopter un enfant au Malawi, David Bonda, dont le père est toujours vivant, pour le soustraire “à une vie d’épreuves” est le dernier indice de l’égoïsme criminel de la chanteuse qui n’a pas hésité à contourner les lois locales pour parvenir à ses fins. La dernière fois qu’un kidnapping de la sorte a fait les manchettes, le héros s’appelait Elian Gonzalez et il avait fini par retrouver les bras de son père. Pas de happy end en perspective aujourd’hui. À la place des mouches de l’orphelinat, le petit David découvrira les flashs des paparazzi. Il deviendra citoyen britannique et fera une belle crise d’adolescence qui déplaira souverainement à ses parents adoptifs. Quant au père biologique de David, il pourra suivre l’évolution de son fils en feuilletant Paris-Match. La morale de cette histoire signée Madonna : on a toujours tort d’être pauvre et Africain. Un message d’espoir pour tous ses fans, en quelque sorte.  

       

      Ma promo et le hip hop

      Je signe deux papiers dans le ICI de cette semaine. Une entrevue avec le hip hopeur numéro un au Canada, K-Os, et une entrevue avec la naine numéro un dans le game, Lady Sov. J’ai rencontré le premier mais j’ai parlé à la deuxième au téléphone.

      “Lady Sov, you claim to be the biggest midget in the game. Did you have to clear that up in any way with Bushwick Bill?

      - Hahaha! Oh no, he’s a little fellow and I’m just a girl…

      - Yeah, I guess it would be hard to mistake either one of you for the other…”

      * * *

      Elle me fait rire Lady Sov. Vingt ans et autant de pression sur les épaules que Marie-Antoinette la veille de la Révolution française. J’exagère. Mais la miss sortira presqu’en même temps que son célébrissime président, Shawn Carter. Pour l’instant, elle garde son cool et me suggère de prendre ça relaxe. On lui souhaite de ne pas perdre la tête si son rêve d’accéder au statut de rap star en Amérique ne se réalise pas du premier coup.

      * * *

      K-Os, c’est l’un des musiciens les plus importants de sa génération au pays. Original, doué, musicalement curieux et hip hop jusqu’au bout des ongles. Les critiques parlent de son nouvel album comme d’un virage rock. Et alors? Les rockeurs intègrent bien du blues, du punk et du reggae à leur musique. Pourquoi les rappeurs ne pourraient-ils en faire autant? Si le hip hop doit mourir, ce sera d’asphixie, et ce ne sera pas la faute à Nas ou à K-Os.

       

      L’amour rend aveugle?

      “Je vois ma ville de façon très positive. Québec est une ville où il fait bon vivre. Mes citoyens sont comme mes enfants, ils n’ont pas de défauts.”

      - La mairesse Andrée Boucher, suite aux commentaires récents de Robert Lepage, in Le Journal de Montréal, p.72.